Dans Caprice, je compose des scènes où femmes, fleurs, eau, ciel, cerfs-volants, etc. s’assemblent comme dans un paysage rêvé. Ces images font écho au capriccio de l’histoire de l’art : une composition libre, affranchie du réel où les éléments sont déplacés et recomposés selon l’imaginaire. Le végétal y tient une place essentielle : fleurs, feuillages et motifs deviennent des formes picturales qui participent autant du paysage que de l’ornement. Les femmes, jeunes, belles et silencieuses, semblent appartenir à cet univers décoratif, comme des figures échappées d’une tapisserie ou d’une image ancienne.
Je travaille par aplats de couleurs, privilégiant des harmonies franches et lumineuses qui donnent à la scène son immédiate séduction. Mais cette apparente douceur est traversée par la matière : je peins sur un papier froissé, contrecollé sur toile, dont les plis demeurent visibles. Ces plis deviennent des accidents, des lignes de tension, parfois des rides qui traversent les corps, les fleurs et les paysages. La surface idéale se transforme ainsi en une peau-pelure où la beauté décorative porte déjà les traces du temps. Caprice joue alors sur l’attrait du premier regard : la couleur et l’harmonie attirent, tandis que la proximité révèle ce qui se fissure et résiste. Entre fantaisie, ornement et altération, je cherche ainsi à faire basculer une image séduisante vers une vision plus ambiguë de la beauté et de sa représentation.




